L’acquisition d’une deuxième langue : Période critique ou immersion complète?

Rédacteur, Luc Huneault

La capabilité de communiqué en deux langues porte plusieurs avantages. Ça nous permet de communiquer avec un large éventail de personnes, de nous immerger dans différentes cultures et d’accroire plus de possibilités d’emploi.

Il faut réaliser que l’apprentissage de cette deuxième langue est un long processus explicite qui inclut de l’angoisse au niveau de la communication et des erreurs soulevées lors d’une évaluation (formelle ou informelle) des paires (MacIntyre et Gardner, 1989).

L’hypothèse de période critique (HPC) propose qu’il existe des occasions opportunes pour acquérir une nouvelle langue et elles se terminent avec lalatéralisation cérébralevers l’âge où la puberté débute. 

Cette hypothèse suggère que l’apprentissage d’une nouvelle langue après cette période (de 2 ans à 13 ans) sera plus lent et moins efficace.

L’HPC était premièrement mentionnée en 1959 par Penfield et Roberts. Ceux-ci soupçonnaient que la maturation du cerveau limite l’habileté d’acquérir une deuxième langue.

Selon les premiers chercheurs à vérifier l’hypothèse, Snow et Hoefnagel-Hohle (1978) ont trouvé que l’acquisition d’une deuxième langue était plus rapide chez les enfants plus vieux que chez les enfants jeunes.

Plus précisément, la tranche d’âge qui a atteint le plus de progrès au cours des premiers mois d’apprentissage a été les adolescents de 12 à 15 ans. Toutefois, les groupes qui ont réussi la meilleure commande d’une deuxième langue étaient les 8 à 10 ans et les 12 à 15 ans. Le groupe d’enfants âgés de 3 à 5 ans a obtenu les notes les plus basses. 

En somme, les données de cette étude n’ont pas soutenu l’HPC puisque la zone critique entre 2 et 12 ans n’a pas été observée pour l’acquisition d’une deuxième langue. Plusieurs des participants ont faitpreuve de force et de faiblesse en divers aspects du langage (prononciation, grammaire, etc.). Mais, tous les participants ont atteint une certaine commande de la deuxième langue. 

Hakuta, Bialystok et Wiley (2003) voulaient vérifier si nous avons une période critique basée sur notre biologie pour apprendre une deuxième langue. Ils ont trouvé que la compétence en langue seconde décroît avec l’âge de l’exposition initiale. Cependant, la tendance au déclin ne supporte pas le déclin dans le potentiel d’apprentissage décrit dans l’hypothèse de période critique. 

Donc, ces études n’ont pas pu supporter l’hypothèse de période critique. Tous les participants ont fait preuve d’être capable d’apprendre une nouvelle langue effectivement malgré leurs âges. L’acquisition est plus facile à un jeune âge, mais ceci ne nous limite pas sévèrement comme prédisait l’HPC.

L’application des résultats de ces études est importante pour les systèmes d’éducation et les monolingues qui embarquent dans l’apprentissage d’une deuxième langue. 

L’apprentissage d’une deuxième langue ne doit pas être réservé pour les enfants. Il y a une possibilité d’apprendre une nouvelle langue à l’adolescence et à l’âge d’adulte.

L’importance est d’être exposé intensivement à la nouvelle langue pour qu’un processus d’acquisition implicite puisse avoir lieu (DeKeyser, 2000).

Ceci veut dire que l’enfant doit aller à une école dans sa deuxième langue et que l’adulte doit travailler dans un milieu où il est obligé de communiquer dans sa deuxième langue.

Il y a d’autres possibilités, assurément :

  • La langue maternelle de notre partenaire est notre deuxième langue
  • La langue maternelle de nos enfants est notre deuxième langue
  • La langue maternelle de nos amis est notre deuxième langue

Il existe des mesures d’apprentissage explicite. Cependant, il n’est pas suffisant d’apprendre une deuxième langue à travers des logiciels et des formations.

Ces mesures doivent faire partie d’une immersion complète pour que l’apprentissage de la nouvelle langue soit plutôt implicite.

Références

Hakuta, K., Bialystok, E., & Wiley, E. (2003). Critical evidence: A test of the critical-period hypothesis for second-language acquisition. Psychological science14(1), 31-38.

DeKeyser, R. M. (2000). The robustness of critical period effects in second language acquisition. Studies in second language acquisition22(4), 499-533.

MacIntyre, P. D., & Gardner, R. C. (1989). Anxiety and second‐language learning: Toward a theoretical clarification. Language learning39(2), 251-275.

Snow, C. E. & Hoefnagel-Hohle, M. (1978). The Critical Period for Language Acquisition: Evidence from Second Language Learning. Child Development,49(4), 1114. doi:10.2307/1128751

Image : https://pixabay.com/fr/école-apprendre-lettres-étudiants-3704033/

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