L’obscurité des médias sociaux

Rédactrice, Alexa Gauthier

Les médias sociaux offrent un endroit où les Canadiens peuvent socialiser avec leurs amis et leurs familles partout et à tout moment. Ce sont des lieux qui permettent d’observer ce que les autres accomplissent, sans avoir besoin de communiquer directement avec eux. 

Les médias sociaux accordent aussi aux individus l’occasion de partager et d’apprendre des informations très rapidement, grâce au postage immédiat de cette information. De plus, ils sont plus souvent utilisés pour la collaboration, la mise en réseau, le partage et la production de connaissances et de contenus.

Valkenburg, Patti, Peter et Schouten (2006) ont été les premiers chercheurs à démontrer l’impact des réseaux sociaux sur l’estime de soi et sur le bien-être social des adolescents. L’estime de soi des adolescents est le plus affecté par le ton des commentaires reçus par les adolescents sur leurs profils : la rétroaction positive a amélioré l’estime de soi tandis que la rétroaction négative a diminué l’estime de soi. 

78 pourcent des adolescents recevaient des commentaires positifs sur leurs profils, ce qui rendent les sites de réseau d’amis un moyen efficace pour améliorer leur estime de soi.

Par contre, l’utilisation des médias sociaux est souvent un risque pour les adolescents. 

Beyens, Ine, Frison et Eggermont(2016) ont remarqué que les médias sociaux sont hautement intégrés dans la vie quotidienne des adolescents. Ils répondent à un besoin d’appartenance et à un besoin de popularité chez l’adolescent. Ces besoins ont été englobés dans un nouveau concept – FOMO – Fear of missing out

FOMO est le stress provoqué lorsque l’adolescent perçoive une distance ajoutée dans ses relations avec la famille et les amis.

Une régulation proactive des besoins en autonomie et en compétences est étroitement associée à la réduction du FOMO.

O’Keefe et Clarke-Pearson (2011) ont remarqué que les comportements négatifs hors ligne se manifestent par des expressions négatives en ligne. Les comportements hors ligne tels que l’intimidation, la formation de cliques et l’expérimentation sexuelle se manifestent en ligne sous forme de la cyber intimidation, des problèmes de confidentialité et le sexting, respectivement.

Ces expressions en ligne affectent la santé mentale de ces adolescents (O’Keefe et Clarke-Pearson, 2011).

Schenk et Fremouw (2012) ont publié une étude expliquant comment faire face à ces problèmes. Premièrement, l’étude démontre que les stratégies d’adaptation et les réponses comportementales à la victimisation par la cyber intimidation sont généralement les mêmes chez les hommes et les femmes. Les deux sexes ont tendance à éviter leurs amis et / ou leurs pairs, prendre leur revanche ou arrêter d’assister aux événements qu’ils appréciaient autrefois en réponse à leur victimisation. 

La seule différence est que les hommes choisissent de consommer de l’alcool ou des drogues illicites, tandis qu’un plus grand nombre de femmes indiquent qu’elles évitent l’Internet ou leurs téléphones portables en réaction à la victimisation. 

Ceci-dit, les auteurs démontrent l’importance d’employer de nouvelles stratégies pour affronter à la cyber intimidation et le harcèlement. Ces stratégies de lutte contre la cyber intimidation varient selon les études empiriques (Schenk et Fremouw, 2012). 

Parler de l’expérience à quelqu’un et bloquer ou éviter le dispositif technologique sont considérés comme les meilleures méthodes, bien que conserver une trace des courriels et des messages offensifs et signaler l’incident à la police ou aux autorités ont également été identifiés comme des méthodes permettant de lutter contre la victimisation par la cyber intimidation chez les enfants et les adolescents (Schenk et Fremouw, 2012). 

Pour conclure, les auteurs mettent l’importance sur l’élimination des stratégies communes d’adaptation comme la vengeance, éviter ses amis, etc., et de concentrer sur les méthodes plus prometteuses comme sauvegarder les messages intimidants, et en parler avec quelqu’un de confiance.

Références

O’Keeffe, G. S., & Clarke-Pearson, K. (2011). Clinical report—the impact of social media on children, adolescents, and families. Pediatrics, peds-2011. https://doi.org/10.1542/peds.2011-0054

Beyens, I., Frison, E., & Eggermont, S. (2016). “I don’t want to miss a thing”: Adolescents’ fear of missing out and its relationship to adolescents’ social needs, Facebook use, and Facebook related stress. Computers in Human Behavior64, 1-8. https://doi.org/10.1016/j.chb.2016.05.083

Valkenburg, P. M., Peter, J., & Schouten, A. P. (2006). Friend networking sites and their relationship to adolescents’ well-being and social self-esteem. CyberPsychology & Behavior9(5), 584-590.https://doi.org/10.1089/cpb.2006.9.584

Schenk, A. M., & Fremouw, W. J. (2012). Prevalence, psychological impact, and coping of cyberbully victims among college students. Journal of School Violence, 11(1), 21-37. https://doi.org/10.1080/15388220.2011.630310

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