Gérer le stress d’un jeune entrepreneur

Rédacteur, Alex Plamondon

L’été dernier, j’ai démarré ma propre entreprise, Outback Woodworks.

Le tout fut une aventure incroyable me donnant plusieurs occasions d’apprentissage et d’expériences inoubliables. Cela dit, il va sans dire que cette expérience enrichissante a déclenché plusieurs moments de stress. 

J’ai dû faire toutes les tâches par moi-même : designer et bâtir tous mes produits, faire le marketing et la promotion de mes produits dans les médias sociaux, gérer le service à la clientèle et même encore, être responsable de toute la comptabilité de l’entreprise. Cela fait que je travaillais beaucoup d’heures dans une semaine, ce qui a mené à un épuisement professionnel. 

Je ne suis pas le seul entrepreneur à vivre un épuisement. 

Taris, Geurts, Schaufeli, Blonk, et Lagerveld (2008) ont démontré que la demande élevée pour des produits ou des services menait plusieurs entrepreneurs à la fatigue. Plus précisément, ils ont conclu que le nombre d’heures de travail par semaine n’était pas lié à la fatigue physique, mais c’était plutôt les entrepreneurs qui étaient incapables de se détacher du travail qui ont connu davantage l’épuisement.

Ils ont aussi trouvé que plusieurs personnes ont différentes raisons pour travailler de longues heures. Ce n’est pas seulement le besoin de travailler, mais certains veulent être en mesure de donner beaucoup à leur famille ou bien même agrandir leur entreprise plus rapidement.

Selon les chercheurs, il y a certainement des façons de gérer le stress d’entreprenariat.

Une des premières études sur la gestion de stress et les entrepreneurs énumèrent trois étapes à suivre (Adebowale, 1994).

Premièrement, le chercheur a mis l’accent sur les conséquences néfastes de l’épuisement pour une compagnie en démarrage, de façon physiologique et psychologique. 

Deuxièmement, il recommande plusieurs façons de gérer les stress entrepreneuriaux. Par exemple, avoir un réseau d’appui social accessible, faire de l’exercice et même apprendre au sujet de la gestion de stress. 

Dernièrement, il est impératif de trouver un point optimal de dévouement à leur entreprise, assez pour les motiver et de les faire persévérer, mais pas trop pour avoir des effets négatifs sur les employés, le produit ou même la clientèle.

Les études récentes confirment ces notions ci-haut et ajoutent que les entrepreneurs ont un niveau élevé de capital psychologique (Baron, Franklin et Hmieleski, 2013). En d’autres mots, la santé mentale est souvent une ressource pour les entrepreneurs!

Jamal (1998) a sondé les entrepreneurs et les employés au Canada et il a trouvé une corrélation positive entre le stress au travail et la satisfaction au travail. La santé mentale avait aussi une corrélation positive avec la satisfaction au travail ; les personnes qui aimaient leur travail avaient une santé mentale acceptable et vice versa. 

Les résultats avaient d’autres données appuyant la notion que les employés salariés avaient moins de stress et de problème psychosomatique dans leur vie de tous les jours. Cependant, les entrepreneurs ont reporté des satisfactions beaucoup plus élevées hors du travail en participant à plusieurs organisations de bénévolat ainsi qu’en dévouant plus de temps à leur famille. Il va donc sans dire qu’il y a des avantages à chacune des deux catégories analysées.

Une autre ressource pour les entrepreneurs est la famille (Aldrich et Renzulli, 1998). Il est rare de voir les parents simplement donner leur entreprise à leurs enfants, mais les parents peuvent vendre l’entreprise à leurs enfants. Il y a aussi la possibilité de fournir le capital pour démarrer l’entreprise. Cette ressource allègele stress financier.

J’utilise une variété des mécanismes de gestions mentionnées ci-haut qui me viennent en aide. La majorité du temps, ma mère est une ressource indispensable.  Elle fournit une réponse à toutes mes questions d’entrepreneuriat. 

De plus, j’utilise d’autres ressources dans mon réseau, dont la Chambre des commerces de Kapuskasing qui m’aide à faire de la promotion, développer mon entreprise, faire du networking et plusieurs autres services.

Finalement, la gestion de temps et des émotions sont pour moi des critères dont je dois incorporer dans chaque jour de travail afin de terminer des tâches à temps, mais aussi afin de bien socialiser et interagir avec ma clientèle. 

Ensemble, ces mécanismes de gestion diminuent l’ensemble de mes stress dramatiquement au point où je me centre seulement sur mon travail.

Références 

Adebowale, A. (1994). Coping with entrepreneurial stress : evidence from Nigeria. Journal of Small Business Management, 32(1): 83-87.

Aldrich, H.E. et Renzulli, L.A. (1998). Passing on privilege : Resources provided by self-employed parents to their self-employed children. Research in Social Satisfaction and Mobility: 1-46.

Baron, R.A., Franklin, R.J. et Hmieleski, K.M. (2013). Why entrepreneurs often experience low, not high, levels of stress : The joint effects of selection and psychological capital. Journal of Management: 1-27.

Jamal, M. (1997). Job stress, satisfaction, and mental health : An empirical examination of self-employed and non-self-employed canadians. Journal of Small Business Management, 35(4) : 48-57.

Taris, T. W., Geurts, S. A. E., Schaufeli, W. B., Blonk, R.W. B. et Lagerveld, S. E. (2008). All day and all of the night : The relative contribution of two dimensions of workaholism to well-being in self-employed workers. Work & Stress, 22(2): 153-165.

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