L’amélioration de la santé mentale des jeunes avec une approche numérique

Rédacteur, Mathieu Rheault-Henry

Selon l’Organisation mondiale de la Santé (2012), 1 sur 5 enfants et adolescents sont affectés par des troubles de la santé mentale. 

Entre 50% et 70% de ces troubles apparaissent avant l’âge de 18 ans, ayant un impact négatif lors d’une période de développement critique pour les jeunes.

Au Canada, l’organisme Jeunesse, J’écoute, révèle que lors de leurs interactions avec les enfants et les adolescents, les 5 problèmes les plus courants sont : les pensées suicidaires, la santé mentale et émotionnelle liée à l’anxiété, la santé mentale et émotionnelle liée à la dépression, les problèmes au niveau des relations familiales et les conflits entre les pairs (Kids Help Phone, 2017).

Nous devons porter une attention particulière à la prévention de suicide chez les jeunes.

Katz et al. (2013) ont effectué une revue systématique de la littérature empirique sur les programmes de prévention du suicide en milieu scolaire. La revue de la littérature indique qu’environ 16% des étudiants au secondaire considèrent sérieusement le suicide et que 13% des étudiants avaient un plan de suicide détaillé, prêt à exécuter. 

Ces statistiques sont inquiétantes et renforcent le besoin de créer des programmes concrets qui pourraient diminuer les chances de suicide au milieu scolaire. 

En total, 16 programmes de prévention de suicide ont été évalués en fonction du niveau de preuve et d’efficacité. Chaque programme a reçu une note de recommandation (soit une cote de A, B, C et D : un programme efficace aura une cote A et un programme inefficace ou qui n’a pas assez de preuves aura une cote de D). 

En termes des résultats, la plupart des études ont évalué la capacité des programmes à améliorer les connaissances et les attitudes des élèves et du personnel scolaire à l’égard du suicide, mais aucun programme n’a reçu une cote assez satisfaisante pour être nommé efficace (cote de A). 

Pour cette raison, Katz et al. (2013) déterminent qu’un seul programme ne peut suffire pour couvrir toute l’étendue de la prévention du suicide requise dans les écoles. Ils suggèrent qu’une combinaison de plusieurs programmes, par exemple, un programme au niveau scolaire (support avec les paires) et au niveau communautaire (programme de dépistage des symptômes de santé mentale) peuvent être plus efficaces. 

Avec ces considérations, les chances de succès sont augmentées lorsque les étudiants sont exposés à plusieurs options de traitement. Il est nécessaire de trier parmi les options et de sélectionner une approche pertinente afin de diminuer l’incidence de troubles de santé mentale et les visites à l’urgence.

Pour les étudiants, la majorité peut avoir accès à des tablettes, des ordinateurs, et des cellulaires. L’utilisation de ces appareils donne une occasion aux professionnels de la santé d’intervenir et de se positionner afin de faire le dépistage.

En lien avec cette idée, Ebert et al. (2015) avaient pour but d’évaluer si la thérapie cognitivo-comportementale (TCC) à l’ordinateur était efficace pour traiter les symptômes d’anxiété et de dépression chez les jeunes.

Dans l’évaluation des études antérieures de ce travail, il est indiqué que jusqu’à 80% des enfants et des adolescents ayant des problèmes de santé mentale ne reçoivent aucun traitement en raison d’un manque de disponibilité de traitement, de réticences à chercher de l’aide en raison de la stigmatisation perçue associée à la maladie mentale, de la gêne occasionnée, des problèmes de santé mentale et / ou d’une préférence pour gérer ses problèmes de façon autonome. 

Cette recherche a identifié 13 essais aléatoires, incluant 796 enfants et adolescents répondant aux critères d’inclusion. Sept études portaient sur le traitement de l’anxiété, quatre sur la dépression, et deux ciblaient à la fois l’anxiété et la dépression. 

De plus, l’utilisation de l’ordinateur ou d’Internet pour fournir la TCC peut surmonter certaines des limitations des services de traitement traditionnels : la disponibilité, les heures de bureau et la distance aux centres de santé. 

Les résultats de l’étude démontrent l’efficacité de la TCC dans le traitement de symptômes d’anxiété et de la dépression chez les jeunes. 

Par conséquent, la thérapie cognitive-comportementale à l’ordinateur constitue une intervention communautaire prometteuse afin de faire la promotion de la santé mentale et de prévenir les urgences tel que l’idéation suicidaire.

Références

Ebert, D. D., Zarski, A. C., Christensen, H., Stikkelbroek, Y., Cuijpers, P., Berking, M., & Riper,H. (2015). Internet and computer-based cognitive behavioral therapy for anxiety and     depression in youth: a meta-analysis of randomized controlled outcome trials. PloS           one10(3), e0119895.

Katz, C., Bolton, S. L., Katz, L. Y., Isaak, C., Tilston‐Jones, T., Sareen, J., & Swampy Cree         Suicide Prevention Team. (2013). A systematic review of school‐based suicide           prevention programs. Depression and anxiety30(10), 1030-1045.

Kids Help Phone. (2017). Kids Help Phone Service Statistics. Consulté le 15 janvier 2019 à         l’adresse https://apps.kidshelpphone.ca/ImpactReport/en/static/media/regional-impacts        ontario.ba794e49.pdf

World Health Organization. (2012). Adolescent mental health. Geneva: World Health       Organization. Consulté le 8 janvier à l’adresse            https://apps.who.int/iris/bitstream/handle/10665/44875/9789241503648_eng.pdf?equen    =1

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